La rivière Semliki et le conflit frontalier RD Congo - Ouganda
La rivière Semliki prend sa source dans le lac Édouard, en République démocratique du Congo, puis s’écoule vers le nord. Elle reçoit plusieurs affluents, dont certains, situés sur sa rive droite, proviennent des massifs du Ruwenzori, qui constituent la frontière naturelle entre la RDC et l’Ouganda. Les neiges de ces montagnes alimentent ces affluents et, indirectement, la Semliki.
Sur les 100 derniers kilomètres de son cours, la Semliki sert de frontière entre la RDC et l’Ouganda jusqu’à son embouchure dans le lac Albert. Cette frontière, fixée à l’époque coloniale par la Belgique et la Royaume-Uni, a été tracée approximativement au milieu de la rivière, sans grande précision.
Cependant, le réchauffement climatique accélère la fonte des neiges du Ruwenzori, ce qui modifie sensiblement le cours de la Semliki.
Cette modification a des conséquences territoriales importantes : chaque pays a perdu une partie de son territoire au profit de l’autre. Toutefois, la RDC est la plus touchée, ayant perdu environ 50 km² près du lac Albert au profit de l’Ouganda. Le déplacement du cours de la rivière est tel que certains villages ougandais se retrouvent désormais en territoire congolais.
La présence avérée d’hydrocarbures dans cette zone renforce les tensions. L’Ouganda y voit une opportunité de consolider ses revendications territoriales, tandis que la RDC conteste ces pertes. Malgré plusieurs tentatives de dialogue et de médiation, aucune solution durable n’a encore été trouvée. Les deux États maintiennent leurs positions, sans toutefois en arriver, pour l’instant, à un affrontement militaire.
Ce cas illustre clairement les enjeux futurs liés aux cours d’eau transfrontaliers : sous l’effet du réchauffement climatique, ces ressources pourraient devenir des sources accrues de tensions et de conflits entre États.